Prisonniers tunisiens: le rapport d'HRW est "inexact", selon Tunis
TUNIS, 8 juil (AFP) - Les autorités tunisiennes ont critiqué le rapport de l'organisation Human Rights Watch sur les conditions de détention en Tunisie, affirmant qu'il contient de "nombreuses inexactitudes" et "graves lacunes".
HRW avait affirmé que le gouvernement tunisien maintenait des dizaines de prisonniers politiques dans des conditions inhumaines d'isolement cellulaire en violation du droit tunisien et international.
Tous les prisonniers en isolement prolongé sont des islamistes, pour la plupart dirigeants du parti interdit Ennahda, pour qui les autorités tunisiennes n'auraient donné aucun moyen de faire appel, avait indiqué HRW.
Dans un communiqué transmis à l'AFP, les autorités tunisiennes affirment qu'il n'existe pas de "prisonniers politiques" en Tunisie, toutes les personnes détenues le sont pour des "actes délictueux de droit commun" et "les personnes membres de formation terroriste intégriste que mentionne le rapport n'ont pas été condamnées pour leurs opinions mais pour avoir perpétré des actes de violence terroriste".
Les conditions de détention dans les prisons sont "conformes aux normes internationales, la loi garantit l'intégrité physique et morale du détenu, préserve sa dignité, et facilite sa réinsertion dans la société", assure-t-on de même source à Tunis.
Pour ce qui concerne le "confinement en cellule individuelle", il s'agit, indique-t-on d'une "mesure exceptionnelle strictement réglementée" et "seule la commission de discipline de la prison peut la prononcer". Sa durée est plafonnée à dix jours et ne peut-être renouvelée qu'à titre exceptionnel", affirme-t-on encore.
Le détenu placé dans cette situation est "systématiquement suivi par un médecin" et certains prisonniers "pour des convenances personnelles" demandent eux-mêmes à séjourner dans des cellules individuelles, indique-t-on encore.
HRW affirme dans son rapport que quelque 40 prisonniers politiques sont maintenus en isolement prolongé parmi les plus de 500 que comptent les prisons du pays, précise ce rapport.
Certains de ces prisonniers politiques ont passé 13 ans en isolement, avec quelques rares périodes de répit, toujours selon ce document. Ils sont enfermés dans de minuscules cellules dépourvues de fenêtres, sans aération ni éclairage suffisants, selon HRW.
De source officielle à Tunis, on fait état d'une amélioration continue des conditions de la détention (postes de TV, livres et journaux, droit de sorties), les détenus pouvant aussi "recevoir en prison des membres de leur famille".
Les autorités rappellent enfin leur décision autorisant le Comité international de la Croix Rouge (CICR) a visiter les lieux de détention en Tunisie.