DECLARATION DU COLLECTIF DES
AVOCATS DU JOURNALISTE ABDALLAH ZOUARI
Tunis le 30.08.2002
Nous, soussignés, avocats du journaliste ABDALLAH ZOUARI, déclarons :
1- que notre client tient à remercier vivement tous ses confrères
et défenseurs de la liberté qui le soutiennent dans cette nouvelle
épreuve
2- qu’il est encore en grève de la faim et ce depuis son arrestation
le 19.08.2002
3- que si une quelconque infraction à la loi lui est imputée,
il devrait être jugé par le tribunal cantonal de Carthage, lieu
de résidence de son arrestation et du soit-disant lieu de l’infraction
à l’arrêté du ministre de l’intérieur l’obligeant
à résider à l’extrême sud du pays, à Hassi
Jerbi (500 km de Tunis). Mais contrairement à la loi, il a été
déféré et jugé par le tribunal cantonal de Zarzis,
dans le seul but de l’éloigner de ses avocats et défenseurs
de la liberté.
4- qu’en réponse aux allégations mensongères du gouvernement
qui nie la qualité de journaliste à notre client, la calomnie
et lui impute une nouvelle infraction pour laquelle il n’a jamais été
inculpé voire même jugé.
Nous affirmons que monsieur Zouari est un journaliste du journal « El fajr » qui fut interdit de parution et que si ce gouvernement a respecté un tant soit peu la liberté de la presse, notre client aurait pu continuer à exercer sa profession, derrière les barreaux, durant ses dix dernières années même s’il est impossible de se procurer un crayon dans les prisons du 7 novembre.
Mr Zouari est un homme de lettres et de plume. Il fut instituteur et quand
il a été radié du corps des enseignants par le régime
de Bourguiba suite à ses activités d’opposition à ce
dernier, il ouvra une librairie qui a été elle aussi fermée,
et sa mère qui en avait la licence emprisonnée.
Ce n’est pas à un gouvernement notoirement connu pour être un
ennemi de la presse de dire que notre client n’est pas journaliste. Ses collègues
tunisiens dont des journalistes de renom l’ont soutenu et dernièrement
ont signé une pétition réclamant sa libération.
Quant au port d’armes et d’explosifs, notre client n’a jamais été
inculpé ou jugé pour une telle infraction et qu’une seule vérité
a « explosé » devant les tribunaux militaires inconstitutionnels
et d’exceptions de ce gouvernement, à savoir que Mr Zouari n’a exercé
que sa liberté d’__expression et son droit d’association.
Un gouvernement qui se respecte doit veiller au respect de la dignité
et de l’intégrité physique et morale de ses ressortissants et
non de sonner é toutes les portes que ses paisibles citoyens sont des
terroristes.
Pour le collectif
Maître Néjib Hosni, avocat
Rue 8 juillet
7100 Le Kef

AVE ZOUARI
La vérité grandit à l’ombre de l’arbitraire
, la force et la liberté aussi , dans cette immense prison à
ciel ouvert , comme une mine d’or qui avale ses Spartacus au rythme de ses
déchéances , de la curée des assassins , de la ruée
sur la dépouille de la bonté et tout ce qui dénonce l’arbitraire
chez nous.On t’opprime homme simple et bon et à travers toi notre sommeil
, notre quiétude et jusqu’à la saveur animale de notre vie et
notre mort , on t’abandonne le chaos de leur néant à défaut
de toute justice , de toute humanité , à toi et à combien
d’autres ? Faire les comptes saignera encore plus les blessures et réveillera
les morts sans sépultures.
On n’en peut plus de ne pas comprendre, depuis longtemps on se serait dissout
dans notre propre merde, dans la DEHYA des nécrophages, merci d’exister
et lueur parmi d’autres petites lueurs, grâce à toi, à
vous , nous retrouverons notre chemin dans cette nuit noire et ses fantômes
, pour chez nous, pour le pain et le sel , pour la simple félicité.
Tu es dans le juste et le vrai qui font rouler les tambours des solitudes
humaines , celles qui précédent les aurores des choses nouvelles
et les crépuscules des tyrans ,ils sont au fond des ténèbres
et du malheur , grâce à toi et à bien d’autres , nous
ne serons jamais imprégnés de leurs atmosphères, leurs
attentats contre la vie ne viendront jamais à bout de votre dignité
,sois fort pour que nous puissions exister et survivre à leur damnation
, aide nous , toi qui , comme beaucoup d’autres , tu nous as déjà
tout donné , et ta jeunesse et tes rêves , et tes enfants et
jusqu’à ta vie et celle des tiens.
Vouloir à n‘importe quel prix être libre, parce que tu as des
raisons de l’être, nous sommes un peu de cette raison, et tout le pays
et tous ceux qui sont partis et même ceux qui vont venir.
Ne dors pas de leur sommeil de la haine et de la peur panique et n’oublie
pas, n’oublie rien.c’est toi et beaucoup d’autres le parti de l’honneur qui
les rend fou.
Tu sais même dans leur mortel absurde, tu as bien raison de continuer
de regarder les choses et les vivants avec le cœur, ils savent que tu les
a défaits et veulent te limiter à leur solitude, imagine ce
qu’ils imaginent et leur seule fin annoncée, demain des millions de
tunisiens seront comme TOI. Fais nous plaisir vieil homme des choses vécues
et jeune, dans l’incroyable désir de vivre de tout et , de survivre
à leur massacre, fais nous encore plaisir et continue de rire du trou
noir de l’apparence et de ses ombres furtives, crédules et pauvres
qui veillent sur ton indifférence.
Tu sais il n’y’a pas entre nous la barrière de l’espace et la distance
de la renommée , désormais nous sommes et serons toujours ensemble
, donne nous de ta sérénité , de ta colère , de
ta douleur, et dis nous comme je sais que tu le dis à tes enfants ,
à tes amis , au soleil , à l’air et au vent , que désormais
plus rien ne peut plus nous arriver.
NOUR

Ma dédicace au très
cher Abdallah Zouari (Mkarriz)
Colère bleue
Ta rage de sauvage plus forte que l’orage
Ta frustration tel un lion dans une cage
Brave les tortionnaires et le matraquage
Envie les lâches et fait taire le chantage
Assomme et fait trembler les cons du nouvel âge
Pour ton combat, ta loyauté et ton courage
On est tous debout avec toi et on s’engage
Ton combat, ta douleur et ta souffrance, on les partage
Pour toi pour les tiens et contre l’injustice
Contre les barbouzes de Ben Ali et sa police
Fort comme tu es, tu sauras braver le supplice
De Zarzis la terre brûle et se révolte jusqu’à Tunis
Tunisien libre, tu n’as pas vendu ton âme
Le monde entier t’écoute ; tu hurles tu cries et tu clames
Symbole de la résistance, malgré la dictature infâme
Notre amour pour notre patrie nous fera sortir du drame
Abdallah Zouari ! On est de tout cœur avec toi, crois-moi !

Nawaat.org

Pétition de soutien au journaliste Abdallah Zouari

L’article 13 de la déclaratin universelle
des droits de l’homme.
« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État…»
Les signataires de cette pétition tiennent à informer les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté sur le clavaire quotidien du journaliste Abdallah ZOUARI qui vient d’entamer une grève de la faim afin de contester la décision de son éloignement de sa famille dans l’extrême sud tunisien à Zarzis, 500 Km de Tunis oû réside sa famille.
Il est utile de rappeler que Mr ZOUARI, était journaliste à l’hebdomadaire « EL FEJR » avant son interdiction en 1990. En 1992, à son arrestation, il fut condamné à 11 ans de prison ferme.
Lors de sa libération en 2002, Mr ZOUARI était assigné à résidence à Zarzis.
Le calvaire de Mr ZOUARI, n’a pas connu fin avec sa libération de la prison, il fut de nouveau arrêté et condamné à 8 mois de prison au motif de non obéissance au contrôle administratif.
Le 17 août il est arrêté pour la troisième fois suite à un coup monté : la gérante d’un cybercafé a accusé Mr ZOUARI de vouloir utilisé le réseau Internet malgré l’interdiction des autorités policières. Le tribunal cantonal de Zarzis le condamnait à treize mois de prison.
A maintes reprises le journaliste ZOUARI, a envoyé des lettres et des télégrammes au président de la république et aux ministres de l’intérieur et de la justice, pour attirer leur attention sur sa situation inhumaine et de lui permettre de rendre visite à sa famille à Tunis, mais il n’a pas eu d’écho.
Pour soutenir Mr ZOUARI dans son action, merci de l’adresse suivante :

M. Abdallah ZOUARI
entame une grève de la faim
à partir de ce dimanche 23 Janvier 2005
ZARZIS le 22 Janvier 2005
Monsieur :
Permettez moi de vous mettre au courant des transgressions permanentes des
droits les plus élémentaires de la citoyenneté tel
que vivre sous le même toit avec ma femme et mes enfants comme si
treize ans d’emprisonnement dans des conditions infernales ne leur sont
pas suffisantes pour satisfaire leurs penchants rancuniers et revanchards
aux dépens d’un homme qui n’a de crime que son attachement à
ses droits légitimes tels que sont indiqués non seulement
dans La déclaration des droits de l’homme et autres conventions internationales
mais aussi dans la Constitution tunisienne.
L’administration a décidé de m’assigner à
résidence dans un petit village au Sud tunisien et à 500 km
de la capitale et n’a pas hésité à consacrer des gros
moyens pour parvenir à dessein puisqu’elle a chargé au moins
9 policiers en civil de me guetter jour et nuit et me poursuivre partout
où je me déplace.
L’administration a pris cette décision bien qu’elle connaisse mieux
que tant d’autres que mon vrai lieu de résidence ne se trouve pas
au Sud mais bien à Tunis car c’est là où je résidais
avant mon arrestation et où résidait ma famille avant ma mise
en liberté, là aussi où mes enfants poursuivent leurs
études secondaires et universitaires. Pis encore, on m’a privé
même de leur rendre visite pour quelques jours.
Ainsi, on m’a interdit de fêter l’Aid avec ma famille et de la rejoindre pendant les vacances scolaires hivernales. J’ai adressé plus d’une dizaine de télégrammes à toutes les autorités sécuritaires et politiques mais toujours on me réserve une réponse négative. Ma vieille mère, ma femme, ma fille ont adressé, à leur tours des télégrammes au Président de la république lui suppliant d’intervenir pour que cesse cette volonté de briser la vie de toute une famille. Mais en vain.
Ainsi je me suis trouve obligé de faire valoir mes droits les plus élémentaires et mettre fin à ce drame en recourant à d’autres méthodes, sachant que j’ai déposé une plainte auprès de la cour administrative depuis plus de deux ans contre le Ministre de l’Intérieur pour abus de pouvoir mais elle est encore dans les bas casiers du greffier.
A vous:
A tout homme libre et respectueux croyant que Notre Tunisie, sous un régime patriotique et démocratique, peut accueillir, avec toutes leurs différences, tous ses enfants qui sillonnent les quatre coins de la planète en quête d’un refuge de la persécution qui dure depuis plus de quinze ans.
A tous les Tunisiens qui oeuvrent pour l’avènement d’un régime patriotique, démocratique et humain.
A tous les Tunisiens qui ont tellement honte de ce qui se passe chez nous.
A tous ceux qui s’intéressent aux droits de l’homme sans aucune distinction.
A tous mes confrères et toutes mes consoeurs
A tous les amis d’une Tunisie libre démocratique
A tous ceux qui combattent l’injustice, l’arbitraire et le non-sens partout où ils se trouvent.
A vous tous je m’adresse pour vous informer que j’entamerai une grève limitée de la faim à partir de ce dimanche 23 Janvier 2005 pour protester contre cette politique de rancune et de vengeance menée contre toute ma famille et pour réclamer toutes les droits de la citoyenneté tels que sont garantis dans toutes les conventions humanitaires internationales.
A vous tous j’adresse ce cri alarmant espérant une prise de position claire et nette pour dire : « basta à l’injustice, basta aux transgressions de droits de l’homme, basta à ces slogans creux qui assourdissent nos oreilles tant qu’une réalité vécu au quotidien ne cesse de se détériorer et d’empirer.
A vous tous je m’adresse espérant que vous oeuvriez, chacun selon ses capacités et ses aptitudes, à mettre terme à ce drame.
A vous tous je m’adresse et j’attends votre soutien qui me sera d’un grand réconfort pour continuer ma lutte pour vivre en homme libre jouissant de tous ses droits.
Amitiés
ZOUARI Abdallah
Tél: (00216)75685300
(00216)97290491
La khriba
4134 Chammakh
TUNISIE
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http://www.tunisnews.net/23janvier05.htm