Report du procès en appel des « jeunes de l’Ariana »


En février 2003, un groupe de jeunes gens étaient poursuivis et arrêtés à proximité de la frontière avec l’Algérie, pays où ils comptaient se rendre. Des arrestations se poursuivaient en d’autres points du territoire, assorties de leur cortège de violations du droit : torture, menaces de viol, dépassement de la durée de la garde à vue, falsification des dates et des lieux d’arrestation sur les procès verbaux, arrestation et mauvais traitements de leurs proches. *

Le 9 juin 2004, ils étaient condamnés, dans le cadre de deux affaires, à de lourdes peines d’emprisonnement, pouvant atteindre seize ans, assorties de peine de contrôle administratif, pour « constitution et adhésion à une bande de malfaiteurs ayant pour but d’attenter aux personnes et aux biens afin de semer la terreur et l’épouvante », et autres « mise à disposition d’un local pour des réunions » ou « tenue de réunions non autorisées ».

Ils étaient tous écroués à la prison civile du 9 avril à l’exception de l’un d’entre eux, condamné par contumace.
Le procès en appel qui devait se tenir le 27 novembre dernier, avait été reporté au 15 décembre. A la demande de la défense, le procès a été reporté et les deux affaires (5567 et 5572) seront examinées par la cour d’appel le 5 janvier prochain.

Luiza Toscane

Lourdes peines aux procès des internautes de l’Ariana

Suite à un long procès qui a duré plus de dix heures hier les jugement ont étés prononcés contre les accusés ce matin par la chambre criminelle présidé par le juge Manoubi ben Hmidane dans les affaires 6707 et 7087 pour les chefs d’inculpation suivants :
- Constitution d’une association dans le but de préparer et de commettre des agressions contre les personnes et les biens et en vue de semer la peur et la terreur.
- Mettre à la disposition d’un local pour la réunion de cette association.
- Organisation de réunion sans autorisation.
(Articles 131, 132, 133, 5 2bis et 32 du code pénal et les articles 2, 5, 23 de la loi 4 /1969 du 24/1/1969 sur les réunions) sont les suivant :


- Hichem Ben Saïd Ben Frej Saadi : 6 ans pour constitution de bande.. + 4 ans pour préparation de local de réunion + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif (affaire 6707) + 4 ans pour constitution de bande (affaire7087).
- Kamel Ben Ammar Ben Béchir Ben Rejeb : 6 ans pour constitution de bande.. + 4 ans pour préparation de local de réunion + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif (affaire 6707) + 4 ans pour constitution de bande (affaire7087).
- Mohammed Ben Youssef Ben Habib Ayari : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Anis Ben Ali Ben Hamadi Hdhli : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Bilel Ben Mustapha Ben Abderrahmane Beldi : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Riadh Ben Mohammed Ben Mizouni Ellaouati : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Kabil Ben Mohammed Ben Saïdane Naceri : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Ali Ben Mustapha Ben Saad Kalaï : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Ahmed Ben Mounir Ben Ali Kasri : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Hacen Mraidi : 4 ans pour constitution de bande + 3 mois pour participation à des réunions + 5 ans de contrôle administratif
- Sabri Ounais : 4 ans pour constitution de bande + 5 ans de contrôle administratif (affaire7087).
- Sami Bouras : 4 ans pour constitution de bande + 5 ans de contrôle administratif (affaire7087).
- Mohammed walid ennaifar : en fuite au Canada a été condamné par contumace.

Tunis le 10 juin 2004
Yahyaoui Mokhtar

L’affaire des jeunes de l’Ariana

Le Tribunal de Tunis examinera mercredi 12 mai 2004 l’affaire du groupe de l’Ariana (Hichem Sâadi 21 ans étudiant, Bilal Baldi 23 ans étudiant, Riadh Louati 23 ans étudiant, Kabil Nasri 21 ans étudiant, Ali Baldi 24 ans ouvrier, Kamel Ben Rjeb 18 ans ouvrier, Mohamed Ayari 26 ans étudiant, anis Hedhli 22 ans étudiant, Ahmed Kasri 23 ans étudiant)
Rappelons que ces accusés sont en état d’arrestation depuis février 2003, leur l’arrestation repose essentiellement sur le fait, qu’ils détiennent des documents chargés à travers Internet. Ils ont été déférés par le procureur de la république devant le juge d’instruction pour les chefs d’inculpation suivants :
- Constitution d’une association dans le but de préparer et de commettre des agressions contre les personnes et les biens et en vue de semer la peur et la terreur.
- Mettre à la disposition d’un local pour la réunion de cette association.
- Organisation de réunion sans autorisation.
(Articles 131, 132, 133, 5 2bis et 32 du code pénal et les articles 2, 5, 23 de la loi 4 /1969 du 24/1/1969 sur les réunions)
Les cinq accusés (Hichem, Bilal Baldi, Riadh Louati, Kabil Nasri Ali Baldi) ont été arrêté le 14 février 2003 à « Oued Ramel » (délégation de Sakiet Sidi Youssef / gouvernorat du Kef /sur la frontière algérienne / environ 200 km au nord-ouest de la capitale) ils ont été arrêtés alors qu’ils étaient en route vers l’Algérie pour partir vers l’Irak ou la Palestine ou la tchétchène (des volontaires). Une patrouille de la garde nationale a arrêté la voiture louage -suite a un signal de son chauffeur - pour faire le contrôle, à ce moment les cinq accusés ont pris la fuite et ils ont fait l’objet d’une pourchasse qui a duré des heures.
Lors de leur arrestation par la garde nationale ils ont été l’objet de torture et d’agression (coups avec des bâtons, coups de poings et coups de pieds sur tout le corps). Riadh Louati qui a été le dernier parmi eux à être arrêté a été mis a nu et a été transporté près d’une vallée ou il a été menacé d’être inondé, les agressions lui ont causé des dommages corporels et une de ses dents a été cassée. ils ont été transféré le jour même (14 fevrier2003) au siège du Ministère de l’Intérieur (Sûreté de l’?tat) où ils ont été laissés les premières vingt quatre heures sans manger, et où ils ont été violemment torturés (coups avec des bâtons, coups de poings et coups de pieds sur tout le corps suspension par les mains au plafond, après les avoir dénudés, suspension accompagnée de coups de bâton sur les pieds et les bras / poulet rôtie menace de torture par des électrochocs, menace d’introduction d’un bâton dans l’anus)
Puis ils ont été transférés le 28 février 2003 à la direction de la section des affaires criminelles de la police judiciaire. Ils ont signé des P.V. de police sous de torture.
Les P.V. de police prétendent que les arrestations ont commencé le 28 février 2003 alors que des attestations en possession d’avocats prouvent que ces arrestations ont eu lieu le 14 février 2003.
Il est à noter aussi le juge d’instruction a entendu les détenus en l’absence de leurs avocats.

LE PROCES DEVRAIT AVOIR LIEU LE 6 JUIN... A SUIVRE

Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme
Infos Express 9 mai 2004
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