Hamadi ben Abdelmalek - Appel
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Hamadi Ben Abdelmalek, prisonnier politique âgé de 63 ans, est incarcéré depuis janvier 1992. Il a été condamné à une peine de 46 ans de prison, à l'issue d'un procès qui, selon les observateurs internationaux présents, était une parodie de justice. M. Ben Abdelmalek a purgé 13 ans de sa peine à la prison civile du 9 avril à Tunis, dont 9 années en régime d'isolement. En août dernier, il a été transféré à la prison civile de Messaadine près de Sousse. Il a effectué plusieurs grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention déplorables. Son état de santé est très inquiétant et nécessite des soins constants. Ses mauvaises conditions de détention et le refus de l'administration pénitentiaire de le faire bénéficier d'un traitement médical approprié ont contribué à une sérieuse dégradation de son état de santé mettant sa vie en danger. Le cas de M. Ben Abdelmalek n'est pas un cas isolé. La situation des 500 détenus politiques dans les prisons tunisiennes est similaire. |
Intervenez auprès du Directeur de la prison de Sousse
Des centaines de prisonniers privés de soins et détenus dans des conditions inhumaines.
Hamadi Ben Abdelmalek, prisonnier politique âgé de 63 ans,
est incarcéré depuis janvier 1992. Il a été
condamné à une peine de 46 ans de prison, à l'issue
d'un procès qui, selon les observateurs internationaux présents,
était une parodie de justice. Les aveux ayant servi à son
inculpation ont été obtenus sous la torture. M. Ben Abdelmalek
a purgé 13 ans de sa peine à la prison civile du 9 avril à
Tunis, dont 9 années en régime d'isolement. En août
dernier, il a été transféré à la prison
civile de Messaadine près de Sousse. Il a effectué plusieurs
grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention
déplorables. Son état de santé est très inquiétant
et nécessite des soins constants. Ses mauvaises conditions de détention
et le refus de l'administration pénitentiaire de le faire bénéficier
d'un traitement médical approprié ont contribué à
une sérieuse dégradation de son état de santé
mettant sa vie en danger. Lors d'une visite en décembre 2004, sa
famille l'avait trouvé dans un état critique.
Le cas de M. Ben Abdelmalek n'est pas un cas isolé. La situation des 500 détenus politiques dans les prisons tunisiennes est similaire. Selon plusieurs rapports d'organisations locales de défense des droits de l'homme qui sont en contact avec les familles, la grande majorité des prisonniers politiques, tout comme ceux de droit commun, sont régulièrement victimes de mauvais traitements et privés des soins médicaux que leur état de santé requiert. De nombreux prisonniers sont maltraités, torturés et humiliés par les gardiens. Quatre cas de décès suspects en détention ont été enregistrés en 2004, suite à des tortures et violences policières. Aucune enquête sur ces décès n'a été ouverte par les autorités pénitentiaires. Les prisons tunisiennes sont surpeuplées : selon la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme, on compterait 23 000 prisonniers, ce qui place la Tunisie au 4ème rang mondial pour le nombre des prisonniers par rapport à la population générale, derrière les Etats-Unis, la Russie et l'Afrique du Sud. La promiscuité et le manque d'hygiène favorisent la propagation d'épidémies. Les installations médicales dans les prisons sont réduites et ne fournissent qu'un choix restreint de médicaments. Les détenus politiques ayant des problèmes de santé se voient régulièrement refuser des soins sur une base arbitraire et discriminatoire. Ces négligences sanitaires délibérées des autorités pénitentiaires contribuent à l'aggravation de l'état de santé des détenus.
S'ajoute à ces mauvaises conditions de détention la pratique de l'isolement cellulaire. Certains prisonniers ont passé 13 ans en isolement : ils sont enfermés 23 heures par jour dans des cellules minuscules et dépourvues de fenêtres ou d'aération. Ils ne rencontrent personne, les visites de leurs familles sont limitées et, lorsqu'elles ont lieu, elles sont étroitement surveillées. Par ailleurs, les familles sont souvent humiliées par les gardiens (fouilles corporelles, insultes…). L'isolement cellulaire prolongé constitue une pratique qui viole la législation tunisienne et les textes internationaux des droits de l'homme auxquels la Tunisie est partie. La loi tunisienne de mai 2001 relative à l'administration des prisons précise que " le confinement en cellule individuelle " est conservé comme une sanction devant être appliquée pendant " une période ne dépassant pas dix jours " (art22-7). Les autorités tunisiennes, face à la pression exercée par les organisations locales de défense des droits de l'homme, ont adopté toute une série de dispositions visant à garantir les droits fondamentaux des détenus tels que l'accès aux soins, le droit de recevoir des visites, le droit de pouvoir bénéficier de l'assistance d'un avocat.
Cependant ces mesures continuent d'être ignorées par l'administration pénitentiaire.
L'ACAT vous propose d'interpeller le directeur de la prison de Messaadine pour que M. Ben Abdelmalek soit transféré dans les plus brefs délais à l'hôpital afin de pouvoir bénéficier des soins, examens et analyses que son état de santé requiert, ainsi que des médicaments qui lui sont indispensables. Intervenir jusqu'au 10 mars 2005
La lettre et la pétition
Monsieur le Directeur de la prison de Messaadine
Prison civile de Sousse
4013 Sousse
Tunisie
Monsieur le Directeur,
Alertés par l’ACAT-France (affiliée à la Fédération internationale de l’action des chrétiens pour l’abolition de la torture, ayant statut consultatif auprès des Nations Unies et du Conseil de l’Europe), nous sommes très préoccupés par la situation de M. Hamadi Ben Abdelmalek détenu à la prison de Messaadine depuis août 2004. En décembre, il a fait une grève de la faim pour protester contre ses conditions de détention et contre la privation de soins dont il fait l’objet. Son état de santé est très inquiétant : il est atteint de maladies chroniques, notamment d’hypertension et d’artériosclérose qui ont provoqué un oedème généralisé nécessitant des soins constants. L’absence de soins a eu pour conséquence d’aggraver son état.
Nous vous demandons d’intervenir le plus rapidement possible pour que M. Ben Abdelmalek soit transféré dans un hôpital afin qu’il puisse avoir accès aux soins, examens et analyses que son état de santé requiert, ainsi qu’aux médicaments qui lui sont indispensables.
Nous vous demandons également de respecter les dispositions de la loi de mai 2001 relative à l’administration des prisons qui garantit les droits fondamentaux des détenus, notamment les soins médicaux gratuits, le droit de recevoir des visites de sa famille.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de notre haute considération.
Source
: Action des Chrétiens pour l'Abolition de la Torture