Grève de la faim de Sadok Chourou
L'Association Internationale de Soutien des Prisonniers Politiques comunique
en date du 15 mars 2004 :
Le prisonnier politique Sadok Chourou vient d'entamer une grève de
la faim le mercredi 10 mars 2004 pour protester contre la privation de son
frère Abbas Chourou de ses droits au travail et à la libre circulation
et demander son intégration dans sa fonction ou la restitution de son
passeport pour lui permettre de chercher du travail à l'étranger.
Monsieur Sadok Chourou est sous l'effet d'une condamnation d'emprisonnement
de longue durée depuis 1991 à cause de ses activités
politique comme président du conseil consultatif du mouvement Ennadha.
Il a été condamné à perpétuité par
le tribunal militaire dans un simulacre de procès dénoncé
par les différents ONG internationaux qui ont demandé qu'il
soit rejugé. Il est détenu dans l'isolement total en infraction
à la loi depuis son arrestation il y a plus de 12 ans. Mr S Chourou
occupait la fonction d'enseignant de chimie à la faculté de
la médicine jusqu'à son arrestation en 1990.
Le Docteur Abbas Chourou est son frère jumeau, né le 10 février
19947. Il occupait la chaire d'enseignant universitaire de physique à
la faculté des sciences de Tunis jusqu'à 1989. Les autorités
ont toujours refusaient de le rétablir dans ses fonctions malgré
un jugement du tribunal administratif n° 18494 du 21 février 2003
auquel l'administration se refuse encore d'obtempérer. Mr A Chourou
est privé de passeport pendant tout ce temps, les autorités
lui ont signifié par PV qu'ils ne le lui délivreront plus après
plusieurs demandes qu'il a déposé.
L'association internationale de soutien des prisonniers politiques attire
l'attention sur ce cas flagrant d'injustice et sur les abus commis et qui
se poursuivent pour le laisser durer indéfiniment et appelle à
ce qu'il lui soit mis immédiatement et définitivement fin.
Journée Internationale de Solidarité avec
les Prisonniers Politiques en Tunisie - Communiqué final
Les participants à la 4ème journée internationale de
solidarité avec les prisonniers politiques en Tunisie, organisée
à Paris le 13 mars 2004, constatent que :
* Les prisonniers politiques en Tunisie continuent à subir un traitement
inhumain visant à les détruire physiquement et moralement et
à les réduire en épaves?Il est plus qu'évident
que ceci constitue une politique délibérée et préméditée
du pouvoir tunisien qui reste indifférent à toutes les sollicitations
des défenseurs des droits humains.
* Le maintien en isolement total de 40 prisonniers d'opinion, pendant de longues
durées, ayant dépassé 13 ans pour plusieurs d'entre eux,
au mépris total des conventions internationales, constitue une atteinte
flagrante et inadmissible à la dignité humaine.
* Le pouvoir tunisien soumet les détenus élargis à un
strict contrôle administratif, et les empêche de toute activité
quelle qu'elle soit, les poussant ainsi dans la précarité et
le besoin permanent. L'ignominie est poussée à l'extrême
en privant les anciens détenus politiques de poursuivre leurs études.
* Les familles et les proches des prisonniers politiques n'ont pas de répit
non plus. Le pouvoir tunisien s'ingénie à les harceler de maintes
façons, tentant ainsi de les acculer au désespoir.
Par conséquent, les participants estiment que :
Il est grand temps que le consensus acquis depuis des années sur la
nécessité d'une amnistie générale en Tunisie se
transforme en une action déterminée et résolue pour concrétiser
cet objectif par tous les moyens possibles au-delà de tout clivage
politique ou idéologique voire de petits calculs politiciens de courte
vue. Cet objectif est une condition sine qua non à l'émancipation
de la société Tunisienne et à notre affranchissement
de l'exécrable dictature qui broie sans distinction.