En toute assurance sur les pas des Etats-Unis, d’Abou Gharib à Borj Erroumi

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Liste des premiers signataires :

Abbou Mohamed, avocat, Centre Tunisien pour L’indépendance de la justice.

Abidi Imed, membre du CPR.

Akremi Saïda, Avocate, AISPP.

Amri Ahmed, président de Voix Libre.

Aouididi Noureddine, rédacteur en chef de Aqlam on line.

Arfaoui Adel, enseignant, militant des droits de l’Homme.

Ayadi Abderraouf, avocat, défenseur des droits de l’Homme.

Ben Amor Samir, avocat, AISPP.

Belhassen Souhair, journaliste, LTDH.

Ben Gharbia Sami, co-fondateur du site Nawaat.org.

Ben Hamida Jelloul, rédacteur en chef de l’autre Tunisie.

Ben Hamidane Salim, FIDD France.

Ben Khamis Abdelkader, CNLT.

Ben M’barek khaled, Coordinateur du CIDT-Tunisie.

Ben Mohamed Imed, membre du CPR.

Ben Salem Ali, président de la Ligue des anciens résistants.

Ben Sedrine Sihem, journaliste, CNLT.

Ben Ticha Noureddine, président du Réseau Euro-Méditerranéen de la Jeunesse Citoyenne.

Ben Yahya Mansour, ingénieur, membre du bureau directeur de Vérité-Action, Suisse.

Bouhjila Abdelmagid, AISPP.

Bouanane Mohamed, cadre dirigeant, France.

Chamkhi Fathi, porte-parole du RAID-ATTAC, Tunisie.

Cherif Khadija, Universitaire, défenseuse des droits de l’Homme.

Chouikha Larbi, Universitaire, LTDH.

Chourabi Sofiène, RAID-ATTAC Tunisie.

Daïmi Imed, webmestre des sites Tunisie 2004 et CPR Tunisie.

Derouiche Imen, ancienne détenue d’opinion.

Ennaes Fathi, Secrétaire Général de Solidarité Tunisienne.

Fakhfakh Abdullatif, président de Vérité-Action.

Goumani Mohamed, Comité directeur de la LTDH.

Hajji Lotfi, journaliste, LTDH section de Bizerte.

Hammami Ayachi, avocat.

Hammami Lotfi, ex-détenu politique.

Hamrouni Chokri, FIDD France.

Harrathi Mohamed, AISPP.

Hasni, site Reveiltunisien.org.

Hidouri Lotfi, CNLT.

Hosni Néjib, avocat, défenseur es droits de l’Homme.

Jaziri Houcine, membre de Nahdha.

Jemili Othmane, AISPP.

Jendoubi Kamel, président du CRLDHT.

Jerbi Fathi, Universitaire.

Kefif Malek, Comité directeur de la LTDH.

Khiari Sadri, RAID-ATTAC Tunisie.

Kousri Anouar, avocat, défenseur des droits de l’Homme.

Labidi Kamel, journaliste.

Matar Abdelwahab, avocat, constitutionnaliste.

Matri Jalel, Union des Tunisiens en Suisse.

Mestiri Omar, journaliste.

Moalla Taïeb, journaliste, Québec.

Nait-Liman Abdennaceur, président de l’AVTT

Najjar Rachid, AISPP.

Nasraoui Radhia, avocate, défenseuse des droits de l’Homme.

Nouri Mohamed, avocat, président de l’AISPP.

Ouerghi Jalel, chercheur en Histoire moderne et en sciences politiques, Université de Londres.

Rjiba Naziha (Oum Ziad), journaliste écrivain.

Semii Ahmed, défenseur des Droits de l’Homme.

Snoussi Faouzia, Comité des familles des prisonniers politiques.

Soussi Tarek, enseignant, AISPP.

Thabet Adel, PCOT, Paris.

TUNISNEWS, site d’information tunisien.

Yahmed Hedi, journaliste.

Yahyaoui Mokhtar, juge, CTIJ.

Yahyaoui Zouhair, ancien détenu d’opinion, fondateur du site d’information Tunezine.

Zitoun Lotfi, membre du mouvement Nahdha.

Zougah Mehdi, Comité de Solidarité avec le peuple tunisien Aix-Marseille.

Quelques amis de la Tunisie ont voulu spontanément signer le texte et témoigner de leur solidarité au prisonnier politique Nabil Ouaer et au-delà à tous les prisonniers d’opinion tunisiens.

Il s’agit de : Borel Janine (Comité de lutte contre la Barbarie et l’Arbitraire), Diamantis Angelica ( Reveiltunisien.org), Geisser Vincent (chercheur au CNRS), Piekarec Sophie (site d’information Tunezine).

Nouvelles signatures

Mohamed Bouriga, traducteur, Montréal, Canada.
Hamdani Youssef, site Nawaat.org
Souleimane Ahmed, Rédacteur en chef du Centre Maintenant pour la Culture et l’Information.
Mohseni Lumumba, militant politique.
Moheiddine Cherbib, Militant Associatif, France.
Bouhouch Khemais Opposant - Allemagne .
Houamed Mustapha, le COSIMAPP (soutien à Mumia ABU JAMAL et aux prisonniers politiques aux Etats-Unis).
Benaouda, Directeur dd’un CSC.
Le désenchanté - Citoyen ordinaire.
Dr. Benani Ahmed, Directeur du Forum Maroc Citoyen.
Lallali Nadia
Mansour Ben Yahya, ingénieur, membre de bureau de Vérité-Action, Suisse
Ouerghi Faouzi, Président du Cercle des Tunisiens des Deux Rives, Marseille.
Derbali , ouvrier –syndicaliste.
Derbali Nour el hoda, médecin.
Derbali Sonia, sciences-po-ENA.
El Henni Bilel, enseignant.
El Henni Nejib, inspecteur des impôts.
Cherif Hamza, médecin-chirurigien-orthopédiste.
Slama Chokri, enseignant.
M'rabti Sihem, enseignante.
Zahaf Ahmed Naoufel, juriste.
Lateif Sarra, institutrice.
Mokni Raja, styliste.
Toscane Luisa, militante des droits de l’homme.
Ben Hiba Tarek, Conseiller Régional Ile-De-France « ALTERNATIVE CITOYENNE »
Tunisian: forumier de Tunezine et Nawaat .
Brahim Mohamed, Informaticien, Lahaye, Pays Bas
Yacoub Chokri, Amnesty International Section Lausanne.
Arfaoui Jamaleddine Ahmed, journaliste et poète tunisien, Pays-Bas.
Bedda fadhel, enseignant, France.

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Camau Michel, Professeur des Universités.
Nunez Marie-France, Parti communiste français, Fédération des Bouches du Rhône, Membre du comité Solidarité avec le peuple tunisien Aix-Marseille .
Vahe Frédéric.
Maïté Jean, institutrice.
Cruse JP, journaliste-écrivain.
Pacaud Marie, médecin-pédiatre.
Perez janine, cardiologue.
Develotte Catherine, chercheur INRA.
Jaffeux Marc, Ecrivain, France
Fayadh Mona, universitaire et démocrate libanaise, enseignante à l'Université libanaise (Département de psychologie) et collaboratrice au journal An-nahar.
Chopin Térésa, mère d'Omar Chlendi détenu en Tunisie


Les fiers gardiens de la tristement célèbre prison d’Abou Gharib ont fait des émules tunisiens. A moins que ce ne soit le contraire. Nabil El Ouaer, détenu islamiste du parti interdit Ennahdha, la trentaine et déjà treize ans de prison et auquel il reste, espérons-le (car en Tunisie, quand on est détenu d’opinion, même après accomplissement de sa peine, on n’est pas assuré d’être libéré !), une poignée d’années à accomplir a été sodomisé début juin par quatre détenus de droit commun sur ordre du directeur de l’établissement de redressement et de réhabilitation, la sinistre prison de Borj Erroumi. Le conditionnel n’a plus droit de cité. Malgré les multiples dénis et autres démentis railleurs officiels, le doute n’est plus de mise. Une lettre datée du 5/7/2004 adressée par la propre sœur de Nabil, Madame Samia El Ouaer, à l’AISPP (Association Internationale pour le Soutien des Prisonniers Politiques, non reconnue) fait état de pressions exercées par l’administration pénitentiaire sur son frère (le menaçant de lui coller une affaire de mœurs sur le dos) et sur sa famille (promettant que les responsables seront punis ! Ah ! Bon ? Ne s’était-il donc pas "rien passé" ? Les accusations n’étaient donc pas infondées ?) afin qu’ils retirent leur plainte...

Toujours est-il que, une fois n’est pas de coutume, un certain malaise aurait été ressenti en haut lieu. C’est ainsi que, toujours selon la lettre de la sœur de Nabil, Mr Zakaria Ben Mustapha s’est déplacé en personne le 28 juin, accompagné d’un envoyé de la présidence, à la prison de Bizerte où il a rencontré Nabil qui y a été transféré suite à cette affaire et a entendu ses doléances. Rappelons que Mr Ben Mustapha est le président du Comité supérieur des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et que c’était lui qui avait permis, apparemment contre la volonté de l’administration pénitentiaire, à la mère de Nabil de le visiter le 23 juin, peu après les faits.

Nabil El Ouaer et sa famille tiennent bon. Maître Saïda Akremi, son avocate et SG de l’AISPP, a porté plainte auprès du parquet de Bizerte et a demandé à rencontrer son client mais n’y a pas encore été autorisée.

En attendant, des centaines de prisonniers politiques continuent de mourir de mort lente dans les mouroirs des cachots tunisiens, espérant qu’un flash douloureux tel la mort louche d’un détenu ou son abominable viol fasse un peu de lumière sur leur situation honteuse et indigne d’un pays qui se dit leader en matière des droits de l’homme. Devra-t-on attendre que ces flashs se rapprochent et se répètent à l’infini pour que le monde daigne y accorder son attention ? Ou bien le monde tournera-t-il pudiquement son regard chaste déjà trop imprégné par des images plus dures, jugeant trop banales les souffrances de quelques tunisiens qui "n’ont que ce qu’ils méritent" ?

Et ce ne sont pas de la vaseline ni des préservatifs que Nabil demande...

Présentation de Nabil Ouaer
Nom : El Ouaer
Prénom : Nabil
Adresse des parents : Quartier El Ouardia - Tunis
Age : environ 30 ans

 

- Elève en secondaire et mineur lors de son arrestation
- Condamné à 15 ans de prison en septembre 1992 dans l’affaire d’Ennahdha par le tribunal militaire
- Actuellement détenu à la prison Borj Erroumi de Bizerte (65 Km au nord de Tunis)
- Privé de ses droits en tant que prisonnier (lecture, soins médicaux etc.)
- A fait un nombre indéterminé de grèves de la faim pour réclamer ses droits les plus élémentaires.
- Son entêtement à réclamer ses droits lui a valu maintes fois l’isolement et la privation de visites
- A été victime d’humiliations diverses de la part des gardiens depuis son incarcération responsables de faiblesse physique et de stress psychique.
- A subi neuf transferts punitifs depuis 1992
- A fait une tentative de suicide en 2002
- Début 2003, une agression de la part des gardiens et du directeur de la prison de Borj Erroumi lui occasionne une fracture de la main droite qui n’ a été traitée que tardivement. Il a été obligé de retirer sa plaint à cette occasion ayant eu peur pour sa sœur.
- En juin 2004, il est agressé par le directeur de la prison de Borj Erroumi et ses agents et mis en isolement où il a été rejoint sur ordre de l’administration par quatre prisonniers du droit commun qui le violent

Abou Gharib en Tunisie

Les Tunisiens sont encore sous le choc. A peine leur colère, au sujet des humiliations sexuelles
subies par nombre d’Irakiens dans la désormais célèbre prison de Abou Gharib, atténuée, voilà
qu’une affaire locale de viol et d’agression sexuelle vient à nouveau les secouer et rappeler à
ceux qui doutent encore la triste réalité des prisons tunisiennes devenues des mouroirs pour
nombre de prisonniers politiques.

Bien que les agressions sexuelles soient des pratiques courantes dans les prisons et autres lieux
de détention tunisiens (systématiquement dénoncées par les organisations de défense des droits de
l’Homme), le viol du jeune prisonnier politique Nabil Ouaer survenu dans la prison de Borj
Erroumi (Bizerte, 65kms de Tunis) sonne comme une fuite en avant du régime tunisien dans la
guerre qu’il mène depuis plusieurs années à toutes les voix discordantes. Les prisonniers
politiques qui se comptent par centaines en sont les premières victimes.
Emprisonné depuis treize ans pour délit d’opinion alors qu’il était encore lycéen, torturé,
affamé, isolé, privé de visites, le calvaire du jeune Nabil Ouaer vient de connaître un tragique
épisode avec ce viol infâme planifié par des responsables carcéraux (le directeur de prison en
personne et son adjoint) et perpétré par des détenus de droit commun encouragés et récompensés
par leurs commanditaires.

Cette nouvelle affaire qui survient dans un climat rendu délétère par une campagne de répression
tout azimut à l’encontre d’opposants et défenseurs des droits de l’Homme (refus de légalisation
d’associations, interdiction de réunions de partis politiques, procès politiques en cascade,
agressions physiques et verbales de militants des droits de l’homme, censure de la presse
indépendante…), risque de précipiter la Tunisie dans une spirale de violence d’Etat aux
conséquences humaines et sociales dramatiques.

En tant que partenaires de la Tunisie, et en vertu des engagements qui vous lient au peuple
tunisien, il vous incombe de veiller à ce que le régime tunisien respecte les droits les plus
élémentaires et à ce qu’il ne bénéficie plus de votre silence pour réprimer impunément des
Tunisiens de plus en plus hostiles à sa politique du chaos.

Le viol du jeune Nabil est le viol de tous les Tunisiens ; il ne doit pas passer sous silence. La
société civile tunisienne en particulier, le peuple tunisien en général, sont attentifs à votre
réaction. Ils ne demandent pas d’ingérence dans les affaires tunisiennes, ils vous demandent
seulement de lever l’immunité de ce régime. La liberté, la démocratie c’est leur affaire, ils
s’en chargeront.

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