"COMMUNIQUE DES GREVISTES SOLIDAIRES" n° 2
Grève de la Faim de solidarité
Jalel Ayyed et Abdellatif Makki sont des anciens prisonniers
politiques.
Même après avoir purgé leurs "peines", les
autorités les privent de
réintégrer leurs études de Médecine. Ils sont
en grève de la faim depuis
le 7 février 2004 en guise de réclamation[1].
Leur cas a été soutenu par de nombreuses personnes,
connues et moins
connues, ainsi que par de nombreuses institutions et associations
nationales et internationales.
Un groupe de participants au forum TUNeZINE a décidé
d'entretenir un relai
de solidarité depuis le 29 février (sous forme de grève
de la faim ou de
jeûne) pour témoigner de ce soutien plus explicitement[2].
Entre hospitalisations et faiblesses, Jalel et Abdellatif
sont
régulièrement contactés et suivis. D'autres membres
de la famille Makki
ont décidé de se joindre à la grève de la faim
pendant quelques jours.
Ainsi Mohamed Taïeb, 12 ans, fils de Abdellatif, a observé une
grève de
trois jours et ce sous le regard de sa mère enceinte.
Il est aussi à signaler que d'autres militants, à
l'instar de Anis Ben
Fradj (syndicaliste et étudiant déchu de la Faculté
des Lettres de Sfax)
et Abderrahim Zouari (journaliste), sont aussi en grève de la faim
pour
réclamer des droits civiques des plus élémentaires.
Ca se passe en Tunisie en 2004.
Abdellatif et Jalel, vous ne pouvez pas vous rendre compte à quel
point je me sens proche de vous et concerné par votre calvaire. Je
ne me permettrai pas de juger votre action. J'ai toujours fait confiance
au Bureau Exécutif de l'UGTE de la fin des années 80 et le
nom d'Abdellatif El Mekki a toujours été prononcé avec
respect, même par ses adversaires, tout comme celui de Abdelkarim
Harouni. Vous savez ce que vous faites et je ne peux que respecter votre
choix et vous soutenir en conséquence du mieux que je le peux. Que
Dieu vous aide et vous assiste dans votre énième épreuve.
Decepticus
Déclaration universelle des droits de l´homme
Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation
doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire
et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire.
L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé
; l'accès aux études supérieures doit être ouvert
en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
Que puis je dire !? Votre acte de bravoure ne peut être que noble.
Devant cette réalité douloureuse que vous viviez tous les
jours, un mélange d’émotions opposées me traversent.
Suis-je Triste? Suis-je Heureux? Un peu des deux. Heureux pour votre lutte,
pour votre revendication pacifiste et courageuse. Triste pour le sort misérable
de notre pays lâché dans des mains d’inhumains sourds et intolérants.
Alors, je vous dis, et avec les larmes au cœur : Lutter est un devoir !
Nous sommes avec vous, votre lutte force le respect de tous les gens conscients.
Nationaliste Arabe
"Je n'approuve pas les grèves de la faim. Mais
je suis accablé devant la
peine de Jalel et Abdellatif. On dit que la grève de la faim est
l'ultime
refuge de ceux qui n'ont plus le moindre recours dans la vie. Je cherche
à
apporter une aide quelconque dans une situation où toute possibilité
d'action réelle est inexistante.(*) A mon tour je choisis de jeter
mon
désespoir citoyen dans la faim. Je n'adopte pas une grève
destructrice
mais j'opte pour un jeûne. Je rallie un geste symbolique à
un acte pieux,
pour à la fois exprimer mon soutien aux victimes de l'injustice et
implorer le bon Dieu pour qu'il leur apporte Son aide. Mon acte est
infime, aussi insignifiant soit-il, qu'il soit"
Walid
Dans ce tourbillon qui nous emporte, dans cette désolation
qui nous entoure, le moindre cri de désespoir pour la quête
d’un minimum de dignité ne fait que nous rappeler notre propre misère
humaine. Notre misère humaine qui veut qu’on s’inquiète de
la destinée des notre seulement lorsqu’ils sont au bout de la rupture.
Ou d’attendre une triste fin pour lancer des commémorations sporadiques
afin de rassasier une conscience étanche.
Par ma grève de la faim en solidarité avec vos privations
quotidiennes je ne fais que vous soutenir pour que vous restiez toujours
maître de votre destin, ceci n’est pas donné à n’importe
qui. Abdelatif, Jalel, écoutez votre cœur, écoutez les votre,
le reste ce n’est que du brouhaha.
En espérant que bientôt vous retrouveriez votre droit à
l’éducation et au savoir pour finir une fois pour toute avec cette
double peine qui frappe en plein fouet nos prisonniers, nos braves.
Ivan (Mourad)
"Mes amis tunisiens me disent que je suis fou quand je
leur parle de mon projet de rentrer définitivement en
Tunisie. Des fois, ils me font douter et je suis tenté
de continuer à vivre une belle vie (professionnelle et
matérielle). Heureusement, que ces prisonniers sont là
pour me rappeler que je ne suis si fou que ca"
tunisian
abdellatif, jalel, Chers compatriotes,
j'ai eu la chance de pouvoir me joindre à ce groupe
pour vous aider dans votre combat juste et douloureux. Votre lutte, au
delà de votre droit inaliénable à l'accès au
savoir ainsi qu'à la vie
en paix et dans la dignité, est celle de tout un peuple. Je tiens
à vous
remercier du fond du cœur . Je ferai tout ce qui est dans mon possible
avec mes modestes moyens pour que votre cause aboutisse ainsi que pour
ces injustices cessent à l'avenir dans notre pays.
A. J.
Essalem
Je prie ALLAH le tout puissant et miséricordieux, j'implore les consciences
des Hommes libres et des Hommes d'honneur , pour que le combat de nos
frères et amis, aussi dur sois-il, ne soit pas vain. pour qu'il affirme
notre amour pour la liberté et notre pays , pour que nos rangs se
forment, pour que nous soyons des centaines et des milliers à reprendre
le
flambeau, pour dire non à la barbarie , à l'arbitraire et
au déshonneur .soudés
dans la seule vérité des uns et des autres , l'amour de notre
patrie , pour
que plus jamais les larmes des innocents ne coulent , et des hommes brisés
et des veuves et des orphelins, pour que plus jamais aucun tunisien ne se
retrouve au bords des abîmes et ne se désespère même
de la bonté
divine. mon amour et mon affection-
Nour
«Si tu ne participes à la lutte, tu participes à la
défaite » B. Brecht
Pour moi qui ne suis pas tunisienne, être partie prenante de votre
lutte, en employant les mêmes méthodes que vous utilisez (et
qui sont les seules dont vous disposiez) est un devoir. Car lutter avec
vous c'est garantir ma propre liberté.
Et on le sait tous, ne rien faire est toujours se rendre complice des dictateurs,
des barbares et des assassins qui veulent nous écraser, vous priver
du droit légitime à l'enseignement.
Pour avoir eu le privilège de vous parler, c'est dans votre résistance
que je sais puiser les forces morales pour des luttes plus concrètes,
mieux ciblées, mais toujours justes.
L'important est de ne pas se rendre.
Je pense à vous, Jalel et Abdellatif ; et à Mohamed Taïeb,
fils d'Abdellatif qui malgré son jeune âge, (12 ans) a observé
durant trois jours une grève de la faim. Brave jeune résistant
!
Rebelle.
"C'est un très grand soleil que vous nous apportez!" --
Abdellatif Makki
"L'action solidaire est pour [nous] une source de force et de réconfort,
bien plus que ce que [tu] peux penser" --
Jalel Ayyed
MOHAMED TAÎEB , FILS DE ABDELLATIF, GREVISTE DE LA FAIM , RESISTANT POUR SON HONNEUR ET CELUI DE SON PAYS !!!!!
Que faire ? pour me défaire de ces cris au fond de ma poitrine ,
ces outrages qui portent dans le chaos du silence, que j’en ai les tripes
refroidies , cette impuissance , qui me soûle de soif , m’inonde de
sueurs et me putréfie .
j’en ai la berlue de tendre la main à mes fantômes , depuis
longtemps morts et enterrés , tous ces murmures et toutes ces rumeurs
, qui comme l’écume des jours , comme l’usure de la nuit , sans cesse
me ramènent à toi , à toi comme à mon enfance
, comme le premier pas , comme le premier mot et la sublime porte ouverte
sur la vie , à toi , comme aux jeux , aux rires , aux larmes , à
l’extase et l’exubérence.
Petit homme déjà avant que d’être , par la haine et
l’arbitraire des bourreaux.
Oh ! Que j’aimerais poser ma bouche de la colère sur ton front et
te dire la vanité des hommes.
Mon amour ! mon petit ange de frérot par delà les chaînes
et la frime de l’ordure.
Prendre ta petite main et courir avec toi sur un champ de braises où
les salauds ne viendront jamais.
Prendre ta petite main de tous les enfants opprimés du monde .
croire qu’en cette heure et en ces lieux que tous les hommes vivent d’amour.
Et nous endormir sur un vers de RIMBAUD.
Te laver par mes larmes et mes baisers des gerçures de l’humiliation
, que des tueurs sans noms , sans foi ni loi , ont tatoués sur ton
âme, sur tes mots et ton horizon au fer rouge de l’infamie.
Si je savais, si je pouvais seulement gommer de ta mémoire, de ta
bouche, de tes yeux, de ta larme jusqu’au nom de ton père agonisant.
Je connais ta douleur mon amour , depuis le temps qu’elle est mienne.
Depuis longtemps je t’aimais avant même de te connaître.
Toi et des milliers et des millions des nôtres et l’extrême
onction.
Je fus aussi cet enfant depuis toujours
dans l’effroi ! regardant l’horreur creuser les rides de ses amants , avec
le fer ,avec le sang et le mensonge et la terreur.
Non Mohammed, non mon chérie , ton père n’est pas vaincu.
On n’abat pas les idées.
On ne tue pas la conscience.
On ne brise pas la passion.
Et toi tu es libre au prix exorbitant de sa douleur.
Toi tu es libre comme mon amour pour toi.
Comme tous nos morts.
Comme nos emmurés
Qui sont vivants
Qui sont debout
Partout où l’un d’entre nous chante la vie.
Tu ne seras jamais une ombre dans leur solitude mortifère
Ni un gisant dans leur cauchemar
Ni un banni dans la haine
La peur et la terreur
Jusqu’à ta mort
Bien au-delà mots et des procédures
Tu marcheras dans la lumière
Et nos pas à jamais unis mon amour !!!!
(NOUR)
jeudi 4 mars
AISPP
: Jalel Ayyed transféré à l'hopital en 27e jr de grève
de la faim
[1]vendredi 13 février
APPEL
TUNISIE : Pour assurer l'accès au Savoir à Makki, Ayyed et
Ben Fradj
vendredi 27 février
Comite
de soutien à Abdellatif El mekki et Jalel Ayed
[2]mardi 2 mars
Action
de solidarité avec Abdellatif_Mekki et Jalel Ayed (message de
rebelle/forumière)
mercredi 3 mars
Comité
National de Soutein à Abdellatif Makki et Jalel Ayyed, Communiqué
N°5
dimanche 22 février
Les
nouvelles des Internes-grévistes de la faim
mercredi 25 février
Les
nouvelles des Internes grévistes de la faim
Ceux qui souhaiteraient se joindre pour élargir
le cercle de solidarité
sont les bienvenus. Contact : Walid
efighter@tunezine.com
« Plus on parle d'eux, mieux c'est pour leur moral et pour
leur cause » --
Abdel Wahab Hani