A l’OMCT Genève
le mercredi 21 juillet 2004


Mesdames, Messieurs,
Nous avons vu, avec satisfaction, votre mobilisation pour H. Hammami, victime de pressions policières une fois de plus. Nous vous remercions pour cette lutte quotidienne à défendre les droits de l’Homme tant bafoués en Tunisie.

Nous avons le devoir moral de porter à votre connaissance le cas d’un jeune prisonnier, Nabil Elouaer.

Celui-ci est incarcéré depuis 1992 pour « délit d’opinion » ; il était lycéen lorsque la Justice l’a embastillé. Nabil a subi depuis tout ce temps les pires épreuves qui sont le lot des prisons tunisiennes . Il y a connu la torture, les privations d’alimentation et de sommeil, l’isolement prolongé et les privations de visites familiales. Tout cela est englobé, généralement dans les « tortures » appliquées aux détenus, à Abu Gharib ou ailleurs.

Une étape dans le sordide vient d’être franchie avec le viol de Nabil, viol orchestré et perpétré par le directeur de la prison, les gardiens et autorités compétentes ainsi que par des prisonniers de droit commun auxquels Nabil fut jeté en pâture pour assouvir leurs bas instincts.

Ce viol ne doit pas être passé sous silence, ce qui nous rendraient tous complices des bourreaux.

Le viol est et doit être considéré comme une torture supplémentaire physique et morale, avec humiliation perfidement voulue visant l’intégrité physique de Nabil. De telles pratiques sont condamnables et doivent être sévèrement réprimandées.

En conséquence, et au lu de ce que nous vous avons exposé, nous vous demandons de bien vouloir prendre en considération le cas de Nabil, de le protéger et de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour arracher Nabil des crocs acérés de ses bourreaux infâmes.

Restant à votre disposition pour de plus amples renseignements, nous vous remercions par avance des actions que vous entreprendrez pour notre ami Nabil, et vous prions de croire, Mesdames et Messieurs en nos très respectueux sentiments.

Les amis de Nabil, forum Nawaat.
adresse mail : contact@nawaat.org

Pièces jointes :


- la lettre témoignage de la soeur de Nabil


Après vous avoir informé de l'agression ignoble perpétrée contre mon frère Nabil Ouaer, son viol par quatre bêtes sauvages faisant suite aux coups assénés par le directeur qui a fomenté cette machination, je lui ai rendu visite le samedi 3 juillet à la prison de Bizerte.

J'ai été arrêtée à la porte de la prison par une femme. On m'a conduite après m'avoir séparée de mon père, Mohammed Ouaer, et de mon frère Hichem, puis on m'a autorisée à voir mon frère en présence du directeur de la prison et du lieutenant Omar et d'un agent. En face de ces derniers, il nous a informés en tremblant de peur que le lundi 28 juin Zakaria Ben Mustapha et un émissaire de la Présidence lui ont rendu visite, après que l'administration de la prison l'ait sommé de se rétracter. Ils lui ont demandé d'oublier l'histoire de l'agression et ont promis de régler le problème. Ils l'ont assuré que le directeur de la prison et les auteurs de l'agression seraient sanctionnés s'ils ne portaient pas plainte.

Monsieur le Président de l'AISPP, ma mère est encore profondément affectée et n'a pas été en mesure de lui rendre visite samedi avec nous. Elle pleure jour et nuit à cause de la répression qui s'est abattue sur mon frère. Ils nous a dit (..) qu'ils l'ont menacé de lui monter une histoire de relations illicites avec un autre prisonnier.

Ma mère a peur que son fils ne soit tué. Elle ne dort plus. Ils sont capables de tout.

Il y a plus d'un an, Fayçal Rommani, le directeur de la prison et des agents l'avaient agressé, lui cassant la main droite et l'abandonnant à son sort. Il avait mis du temps à récupérer l'usage de sa main (...) Lorsqu'il avait porté plainte, ils l'ont menacé, l'ont transféré de la prison de Borj Er Roumi à celle de Mehdia. Ils l'ont menacé d'agresser sa sœur, c'est elle qui avait posé la plainte, et l'ont obligé à la retirer.

Maintenant ils utilisent tous les moyens pour l'obliger à se rétracter. Toute la famille se félicite de la plainte déposée par Maître Saïda Akrami auprès du procureur de la république de Bizerte.

Samia Ben Mohammed Ben Salah Ouaer El Ouardia

la pétition qui circule sur l'espace net

 

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